Dossier historique sur Cotnari

Un nectar oublié, redécouvert et offert aux amateurs de vins rares par DIONIS.
Perle de la couronne, cousin éloigné du Sauternes, rejeté au delà de
l’arc des Carpates aux confins de la Roumanie et de l’Ukraine, dans
l’ancienne Principauté roumaine de Moldavie, le COTNARI,
m’a rapidement convaincu que son ancestrale réputation pouvait être
encore tout à fait justifiée. Adulé aux XVIIIème et XIXème siècles,
alors que sa superficie n’excédait guère 350 hectares, (le cœur du cru
produisant aujourd’hui encore les meilleurs vins), le vignoble de
Cotnari couvrirait actuellement, si l’on se fie aux statistiques
locales, plus de 2000 hectares.

Historiquement, la première mention
avérée de ce vin doré à reflets verts, nous la trouvons dans un ouvrage
paru à Venise en 1441 et l’on signale déjà son prix particulièrement
élevé. Julien n’hésite pas à écrire que les vins de Cotnari « figurent
parmi les meilleurs du globe ».
Dans un ouvrage paru à Londres en 1900, intitulé Rumania, l’auteur
G.Benger est tout aussi dithyrambique : « bien soigné, le puissant vin
doré de Cotnari devient en effet un vin noble semblable au TOKAJI, mais
plus généreux et plus sec. Le Cotnari vieilli est tout à fait sain,
extrêmement impétueux avec beaucoup d’arômes et ressemblant au vin de
Malaga d’Espagne ». Il était traditionnellement exporté vers la Russie,
la Pologne et l’Autriche, sans oublier les beaux établissements
parisiens sous le Second Empire, où il était connu sous le nom de «
Perle de Moldavie ».
Après le douloureux intermède du phylloxéra à l’aube du XXème siècle,
les vignobles seront vite reconstitués et les vins distingués par des
grands prix à Bruxelles en 1934, Paris en 1935 et New York en 1937.

Une grappe de raisin Grasa botrytisée. (pourriture noble)

Le plus important de tous, pour la
qualité des vins qui en sont issus, le GRASA (35 % de la zone viticole)
n’est pas sans rappeler le FURMINT hongrois. C’est le seul apte à
produire de grands vins liquoreux de pourriture noble. Il ne gagne pas à
être assemblé aux autres cépages et son potentiel de conservation
dépasse largement trente ans pour les meilleures années. Le cépage
aromatique TAMAIIOASA ROMANEASCA ou BUSUIOACA DE MOLDOVA couvre 10 % du
vignoble. Il est proche du Muscat à petits grains et est généralement
vendangé tardivement, passerillé mais non botrytisé.Viennent ensuite le
FETEASCA-ALBA, pour 35% de la surface, moins intéressant à mon sens, car
manquant souvent de « feu » et d’acidité. Les 20% restants sont
consacrés à un autre cépage indigène, le FRINCUSA, donnant des blancs
secs de soif, vifs et peu alcoolisés.

Cîrjoaia (Cotnari) en mars 1996
Les vignobles de Cotnari en octobre 2002.
Cîrjoaia (Cotnari) en octobre 2002.
Aspect très traditionnel des vignobles de Cotnari en octobre 2002.
Le chateau cotnari et ses vignobles en octobre 2002.
Les vignobles de Cotnari en octobre 2002.

Les structures économiques
viti-vinicoles ont relativement peu évolué depuis la disparition du
système collectiviste. Contrairement à Tokaji où se sont créés de
nombreux domaines, issus du démantèlement des coopératives et de la
Ferme d’ État, la presque totalité du vin est produit à Cotnari par
l’ancienne Ferme d’ État. Officiellement, elle a été « privatisée » en
1998, en fait, partagée entre les salariés…

Ce curieux système n’a hélas pas permis l’apport de capitaux et de technologie occidentale.
Il y a cinq ans environs, j’avais évoqué dans une Lettre de Dionis les
très importantes destructions que le vignoble avait subi consécutivement
au froid polaire de l’hiver 1997. Une partie du vignoble a été
replantée avec des moyens archaïques et les rendements restent très
irréguliers.Pour conclure, nous nous sommes livrés à une rétrospective
des millésimes que nous avons eu le plaisir de vous faire découvrir
depuis 1990 , première année où nous avons importé ces vins.
Le 2000 est le onzième millésime de Grasã vsoc-cib (sélection de grains nobles).
Il a été précédé chez Dionis des millésimes 1966; 1969; 1977; 1978;
1982; 1987; 1988; 1989; 1991; 1993 en Grasã et 1990; 1993; 1995 en
Tamaiioasa Romanesca. Ceux parmi vous qui disposeraient d’une verticale
de ces brillants millésimes sont bien plus riches que nous…